Lors de notre dernière réunion, nous sommes revenus sur le congrès américain ScienceOnline 2010 consacré à la science sur le web. S'agit-il ou non d'une "non-conférence" (unconference en anglais, souvent assimilée au bar camp en français) ? Son co-fondateur et co-organisateur Bora Zivkovic répond entre oui (pour le contenu des sessions) et non (pour le mode d'organisation), ce qui nous a permis de discuter de ce qu'est une "non-conférence".

En tous cas, le site/wiki du congrès reste exemplaire dans sa densité et l'abondance de liens vers les témoignages et compte-rendu des participants, lesquels pullulent en ligne. Où l'on constate que sur une quarantaine de sessions, environ 10 abordaient la question du journalisme scientifique à l'heure du web. Ce sujet numéro tient notamment au contexte américain où, plus qu'en France, le statut du journalisme scientifique dans les rédactions tout comme l'état des médias se fragilisent. Clairement, il ressortait que c'est aux scientifiques de prendre la parole pour remplacer ces plumes qui se raréfient, et notamment par leur blog.

Les autres thèmes abordés par la conférence sont, en vrac :

  • comment monétiser son blog pour en tirer des revenus (en français, l'exemple du blog de Paul Jorion a été discuté — cf. sa politique de dons)
  • importance de la politesse dans les échanges en ligne
  • la science sur les blogs est-elle fiable ? L'exemple du climat a été longuement abordé et lors du congrès, il est ressorti que les sociétés savantes pourraient tenir ce rôle de recommandation et pointage facilitant la navigation dans les ressources en ligne
  • entreposage et préservation des données numériques
  • gouvernement 2.0. : alors que cette question semble déconnectée des problématiques scientifiques, il s'avère que le questionnaire en ligne de Barack Obama sur l'orientation de sa politique fut peu rempli par les scientifiques !
  • la science citoyenne à l'heure des bases de données : la mise en ligne de données de plus en plus nombreuses et complexes ouvre les portes à leur appropriation par les citoyens. Certains cursus étudiants en profitent même pour rendre l'enseignement plus proche de la recherche, et bénéficier en retour à celle-ci !