Culture scientifique et technique sur le web

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vendredi 19 mars 2010

Une nouvelle étude sur les blogs de science

Inna Kouper a publié dans Journal of Science Communication un article sur les blogs de science : "Science blogs and public engagement with science: practices, challenges, and opportunities". Inna est étudiante en Master de Sciences de l'information et de la communication et les critiques qui ont plu sur son article, de la part de blogueurs, font surtout écho à son manque d'expérience et à la faiblesse méthodologique de son étude : alors qu'elle prétend qu'il est nécessaire d'analyser les pratiques actuelles des blogs de science, qu'à ce jour, aucune tentative n'a été faite dans ce sens et que son travail est un premier pas dans cette direction, elle prend un échantillon de 11 blogs choisis de façon non représentative (après une recherche sur Google) et analyse seulement les 15 premiers commentaires des billets ! Ainsi, Bora Zivkovic, qui a eu le manuscrit entre les mains comme rapporteur, est en colère de voir que ses commentaires n'ont pas été pris en compte !

Je suis pour ma part plus étonné de cette affirmation selon laquelle les blogs de science n'ont jamais été étudiés. Ma bibliographie sur le sujet regorge de références intéressantes, notamment :

Un effet collatéral de cette publication controversée est que les blogueurs de science s'intéressent enfin aux études qui sont faites "sur eux". Ainsi, Isis notait :

Je ne vais pas prendre cet article au sérieux. Néanmoins, je vais mettre au défi les chercheurs de réfléchir de façon un peu plus critique quand ils étudient la blogosphère. En tant que scientifiques, nous avons accès à une riche trousse à outils et une multitude d'indicateurs qui pourraient être utilisés pour évaluer l'impact de la blogosphère, sans avoir à se fier aux élucubrations mal organisées et à peine finies d'Inna Kouper, qui se posent comme la première "analyse scientifique".

Pour la petite histoire, j'avais proposé pour la conférence Science Online London en 2009 une session sur l'étude des blogs de science, qui me semblait un préalable nécessaire à tout discours de "marketeux" sur les blogs de science. Malheureusement, l'idée n'avait pas été reprise. Les choses sont peut-être en train de changer, tant mieux !

Enfin, j'ai un chapitre en anglais à paraître courant 2010 dans un ouvrage collectif, consacré aux blogs de science. C'est plus un article d'opinion qu'une étude systématique mais j'espère qu'il suscitera autant de commentaires (positifs ou négatifs) dans la blogosphère !

jeudi 11 mars 2010

Twitter et blogs dans la communication des sciences

La liste de diffusion PSCI-COM héberge en ce moment une discussion passionnante sur l'engagement du public sur des sujets scienitfiques (public engagement with science ou PES) et les possibilités offertes par le web 2.0. Discussion d'autant plus inattendue qu'elle a démarré à partir d'une question tout à fait anodine portant sur le PES…

Dans cette discussion, Alice Bell (blog / @alicebell) a mentionné un article de Brian Clegg (blog / @brianclegg) sur l'utilisation de Twitter et des réseaux sociaux. C'est publié sur PhysicsWorld et je ne peux que vous encourager à le lire !

lundi 25 janvier 2010

Les blogs de sciences à l'AMCSTI

L'AMCSTI (Association des musées et centres pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle) vient de publier les Actes de son 27e Congrès national (juin 2009), qui avait pour titre : "Sciences, innovation et société : quelles réponses apporter ?"

Vous y trouverez le texte de mon intervention (p. 46), laquelle s'est tenue dans le cadre de l'Atelier D "Autres modes de mise en débat". J'y reviens sur les blogs de science, que je tente de présenter comme un nouvel acteur des relations science-sociéte :

Depuis quelques années, l’univers des blogs offre un territoire nouveau pour discuter de science. Dans l’espace «neutre» d’Internet, qui n’appartient ni à l’institution officielle de la recherche et culture scientifiques ni au politique ou aux porteurs d’enjeu, les amateurs de science de tous horizons peuvent s’informer, participer à des discussions et engager le débat sur des sujets scientifiques ou techniques. Ils cheminent à leur rythme sur des enjeux complexes et se réapproprient des questions longtemps tenues hors de leur portée.

Sophie Pène, dans son intervention au cours du même atelier, enfonçait le clou du tournant participatif de la démocratie sur le web en s'intéressant au versant de la production, à travers le changement des styles de communication propres aux chercheurs. Extrait :

Les institutions ne peuvent rester en dehors de ces brassées de liens et d’idées que chacun adresse à qui veut. Chacun est invité, mais peu le savent. C’est un chantier pour la communication scientifique et technique, dont dépend la capacité collective à entendre les alertes, à adapter des comportements, à participer aux décisions que la conversation entre sciences et territoire dessine.

À lire !