Culture scientifique et technique sur le web

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 11 avril 2010

Nouveaux rapports des chercheurs aux publics

Tel est le titre de l'atelier que j'animerai le 28 avril à l'Institut national d'histoire de l'art, pour le colloque international « Le numérique éditorial et sa gouvernance : entre savoirs et pouvoirs ». L'argumentaire de cette table-ronde est le suivant :

Arrêtons-nous un instant sur les nouvelles injonctions faites aux chercheurs dans un "monde 2.0" et prenons les au sérieux : publier dans des revues en accès libre et des archives institutionnelles, commenter publiquement les articles des pairs, mettre en ligne ses données brutes, tenir un blog et engager la conversation avec les internautes, twitter en direct d'un congrès, contribuer à Wikipédia…

Dans ce grand chambardement, la "science chaude" côtoie la "science froide" (Bruno Latour), le temps de la publication est accéléré, la communication scientifique et la communication médiatique se brouillent. On demande au chercheur d'être présent simultanément sur toujours plus de fronts, de parler haut et fort et de faire de son travail un spectacle. Est-il prêt à une telle mise en scène ?

Le public se trouve exposé à de nouvelles étapes des processus de recherche : données brutes, controverses expertes, attaques personnelles et querelles de chapelles. Il doit intégrer à sa culture (scientifique) de nouvelles formes de jugement de la vérité, doit pondérer autorité et popularité, et établit directement un rapport de confiance (ou de défiance) avec les membres de la communauté scientifique. Saura-t-il en tirer le meilleur parti ? Risque-t-on une relativisation des savoirs ?

Les tutelles voient leur autorité questionnée et doivent acter le pouvoir accru d'acteurs multiples et d'une communication plus libre. Elles peuvent soit chercher à reprendre la main soit encourager cette dynamique de la base en l'inscrivant dans l'activité du chercheur pour en faire un critère de l'évaluation des laboratoires. Où peut mener cette nouvelle configuration des rapports de force ?

Cette anticipation, si elle n'est pas d'effet immédiat, illustre ce qui est en jeu. En changeant l'organisation du travail de recherche, c'est plus profondément à la science que l'on touche et aux normes publiques de vérité qu'elle s'est fixée, de la même façon que Wikipédia change notre rapport au savoir. Cette table-ronde se penchera sur toutes les sciences, en envisageant l'ensemble des transformations induites par l'environnement numérique et les nouveaux outils du web 2.0.

mardi 6 avril 2010

Colloque international "Le numérique éditorial et sa gouvernance : entre savoirs et pouvoirs"

Le groupe Traces est partenaire du colloque international "Le numérique éditorial et sa gouvernance : entre savoirs et pouvoirs" qui se déroulera à l'Institut national d'histoire de l'art (Paris) du 28 au 30 avril. Nous sommes heureux d'avoir contribué à mettre sur pied ces journées qui devraient être riches de présentations et d'échanges, autour de l'édition numérique, de la démocratie scientifique, des réseaux de savoirs, de la formation en ligne…

Colloque INHA

J'attire en particulier votre attention sur l'atelier "Nouveaux rapports des chercheurs aux publics" que j'animerai le jeudi 29 de 11h à 13h. Je recevrai Ghislaine Chartron (CNAM, INTD), Bastien Guerry (Wikimédia France), Olivier le Deuff (Université Lyon 3 et Prefics), Alexandre Moatti (Conseil scientifique du TGE-Adonis) et Joëlle Zask (Université de Provence) pour tenter de comprendre comment les réseaux sociaux, la publication en ligne, les plateformes de partage et les blogs — bref, le web 2.0 — transforment l'accès du grand public à l'information scientifique, l'organisation de la communauté des chercheurs et son rapport aux tutelles.

mercredi 10 mars 2010

Journée d'étude de la BNF "Web participatif et institutions culturelles"

La BNF organise le 18 mars prochain une journée d’étude consacrée aux liens entre web participatif et institutions culturelles. Cette journée est placée sous la direction scientifique de Bernadette Dufrene (Université Paris Ouest), Madjid Ihadjadene, (Université Paris VIII) et Denis Bruckmann (BnF). Le programme propose notamment une table-ronde consacrée aux "Nouveaux dispositifs et nouveaux statuts de l’information" :

Blogs, wikis, Facebook et autres réseaux sociaux, archives ouvertes, le numérique et l’outil collaboratif et participatif qu’est le web 2.0 ont permis la multiplication des sources d’information : quel sens donner à cette multiplicité ? L’information accessible en open source représente-t-elle désormais le mode le plus usuel d’accès au savoir ? Quelle structuration de l’accès pour quels savoirs ?

Puis on retrouvera Sophie Pène (ENSCI) et Marin Dacos (Cléo) dans une table-ronde sur la concurrence ou les nouveaux rapports entre amateurs et professionnels/experts.

Enfin, Universcience (l'invité de notre séance d'avril) sera représenté par Sébastien Lucas dans la table-ronde "Institutions culturelles et nouvelles politiques de médiation" :

Les blogs institutionnels, l’inscription d’une institution sur les réseaux sociaux sont de nouvelles formes de médiation adoptées par de nombreuses institutions ; peut-on tirer de ce mouvement un premier bilan ? A quelles conditions et de quels points de vue (initiation, éducation, marketing, image) ces médiations sont-elles efficientes ?

lundi 22 février 2010

Le programme Yosciweb rend ses conclusions

Depuis deux ans, le programme européen Yosciweb s'intéresse à la manière dont les sites internet de vulgarisation scientifique représentent la science et les scientifiques auprès des jeunes. Pour cela, sept organismes (universités, associations de science et sites internet scientifiques) de sept pays (Bulgarie, Espagne, Estonie, France, Islande, Pays-Bas et le Royaume-Uni) ont disséqué l'offre web vers les plus jeunes et organisé des groupes de discussion avec des participants âgés de 12 à18 ans afin de faire ressortir des "bonnes pratiques". En France, le projet était porté par le Conseil général de l'Essonne, au titre de la Banque des savoirs (site / Twitter / Facebook).

Yosciweb, donc, organise une journée de restitution de ses résultats le 10 mars prochain à Évry. J'espère que ceux-ci seront ensuite largement diffusés !

//MàJ 2 mars// Dans le communiqué de presse, quelques paradoxes soulevés par l'étude sont présentés sous forme de questions. Elles sont intéressantes à se poser :

  • Pourquoi les sites Internet présentent-ils une science désincarnée avec pas ou peu de place pour les scientifiques, qu’il s’agisse de les représenter au travail ou de leur donner la parole ?
  • Lorsqu’ils font place aux scientifiques, pourquoi les sites Internet oscillent la plupart du temps entre deux poncifs : soit le scientifique est un homme âgé en blouse blanche, soit une femme jeune, belle et dynamique ?
  • Pourquoi les jeunes survalorisent-ils dans leur usage quotidien les sites Internet présentant des vidéos, des animations, des images, de la couleur,... sans craindre d’affirmer que Wikipedia, site plus que minimaliste en terme de graphisme, d’ergonomie et de recours aux médias, comme leur site préféré en matière de science ?
  • Pourquoi la science est-elle un concept si flou pour les jeunes, qui la rattachent presque exclusivement aux matières scolaires ?

mardi 26 janvier 2010

Un compte-rendu audio du congrès Science Online

En prévision de la prochaine réunion du groupe de travail, je vous recommande l'émission québecoise "Je vote pour la science" dont le dernier épisode diffusé aujourd'hui revient sur le récent congrès ScienceOnline 2010. Plusieurs sujets sont évoqués, du gouvernement 2.0 à la science citoyenne en passant par l'entreposage numérique, le journalisme scientifique et l'éducation !

À écouter en ligne (MP3).