Culture scientifique et technique sur le web

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lundi 30 août 2010

Rencontre avec François Taddéi

En fondant le master "Approches Interdisciplinaires du Vivant" (AIV) puis le Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI), François Taddei a toujours promu une formation des étudiants par la recherche et une autonomisation proche du web 2.0. Appelé par l'OCDE à rédiger un rapport sur l'éducation de "bâtisseurs du savoir créatifs et collaboratifs", il en a profité pour lancer dans la foulée l'initiative Wiser-U (Worldwide Interaction for Science Education and Research in University).

Avec Wiser-U, François Taddei et ses « acolytes » s'attaquent à l'enseignement supérieur pour le faire avancer et imaginer ce que doit être une université ou un campus au XXIe siècle. Sur cette base, ils tentent différentes actions (le Wiser Summer qui rassemble en Chine des étudiants de différents pays, un espace communautaire propulsé par Elgg, des échanges entre Paris et Pékin, le soutien d'outils d'éducation et recherche 2.0…).

Le partenariat permet de donner immédiatement une dimension multiculturelle au projet, en se confrontant à d'autres pratiques universitaires : les étudiants vivent à 8 par chambre sur le campus, qu'ils quittent rarement car la vie est chère à Pékin, et sont 10-20 000 au total ! Cette population doit également permettre un effet levier, à partir d'une masse critique estimée à 100 000 étudiants par F. Taddei.

Les idées ne manquent pas pour améliorer aujourd'hui les habitudes de recherche et aller vers l'université pair-à-pair. Lancer une Université numérique citoyenne, instaurer le lab surfing où (à l'instar du couch surfing) des chercheurs pourraient mettre à disposition les équipements sous-utilisés de leur labo, transformer les bibliothèques en learning centres, croiser les moteurs de recommandation (comme Knowtex, Delicious, etc.) pour mettre en avant les bonnes ressources pédagogiques, etc.

Ce qu'il faut retenir de cette intervention est sans doute le fait d'oser transposer à grande échelle des mouvements comme l'éducation 2.0 ou la science 2.0 encore très isolés. Et tandis que la science 2.0 part généralement des individus pour aller vers le collectif (comme dans le groupe Friendfeed "The Life Scientists", qui est constitué de 1 400 de ces volontés éparses), Wiser-U incarne l'approche complémentaire qui consiste à bâtir un collectif puis à y attirer des individualités, des personnes avec leurs envies et leurs expertises. Cela complique sans doute l'insertion dans le paysage mais donne une base solide pour avancer et pour être reconnu.

vendredi 27 août 2010

Philippe Bourlitio, 10 ans de débat science-société sur internet

Biologiste de formation puis enseignant, Philippe Bourlitio a découvert les controverses liées aux biotechnologies avec la naissance de Dolly (1996) et les débats sur les OGM (avec la une de Libération en novembre 1996 et la conférence de citoyens en 1998). A partir de ces sujets, traités en classe mais manquant d'épaisseur dans le débat public, il s'est intéressé aux choix scientifiques et techniques en démocratie.

Certes, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques occupait le terrain, mais après l'organisation de la conférence de citoyens sur les OGM, ils ont passé le relais à d'autres. La Cité des sciences organisera par exemple en novembre 1998 le colloque "L'opinion publique face aux plantes transgéniques" à la Villette. À ce moment là, Philippe change de voie et devient concepteur de formations multimédia, ce qui l'amène à mettre les mains dans le cambouis et à développer son propre CMS. Il crée alors le site Débats science société (sous-titré : "Expérimenter la démocratie participative"), structuré autour de dossiers et de contenus pédagogiques, auxquels il ajoute en 2002 une veille d'actualité et un carnet de bord pour ouvrir la discussion avec les internautes. L'animateur (lui) produit régulièrement une synthèse des discussions.

Le site est aujourd'hui fermé mais attire encore 4 000 visiteurs par mois, avec des pages très populaires comme l'explication de la dérive génétique ou le dossier sur les bébés-bulle (qui recueille encore des commentaires après presque 6 ans). Fort de cette expérience, Philippe a suivi de près tous les débats, conférences de consensus, Grenelle et autres processus participatifs sur les sciences et technologies, notamment à titre professionnel mais aussi au titre de l'association qu'il préside, Sciences et démocratie. Il a élevé ses exigences en matière de transparence, de responsabilité ("accountability"), de dynamique (et symétrie) de la discussion, de synthèse des contributions – autant de lacunes de la plupart des débats publics officiels, dit-il. Il faut parfois s'adapter pour que le débat soit mené dans les meilleures conditions possibles (quitte à improviser) : si un bord vient monopoliser la parole, on peut par exemple créer une discussion thématique dédiée pour éviter qu'il se répande sur les autres fils de discussion.

La structure du site est également importante : on ne fait pas la même chose avec un forum (où les pages risquent de s'accumuler et la mémoire de la discussion de disparaître) ou un blog (qui permet de mettre à la une ce qui se passe dans les différents dossiers du site). Et tout cela se complétant idéalement par des débats en salle.

Récemment, Sciences et démocratie a ainsi produit un cahier d'acteur pour le débat public sur les nanotechnologies, construit collectivement et présenté au même titre que celui de 51 autres organisations. En conclusion, nous dit-il : "Animer c'est prendre un risque de biaiser le débat, mais cela permet des débats plus productif."

Pour aller plus loin :

vendredi 21 mai 2010

Retour sur la webTV d'Universcience : universcience.tv

Pour notre réunion d'avril, Benjamin Benita, d'Universcience (fruit du regroupement administratif du Palais de la découverte et de la Cité des sciences), nous a fait l'honneur de se déplacer pour nous raconter le lancement récent de la web TV universcience.tv. Cette webTV est déjà novatrice par rapport à l'organisme qui l'héberge : en effet, malgré sa taille et ses efforts vers le numérique, la Cité des sciences ne s'était encore jamais lancée dans une telle entreprise. Ce n'était pas l'envie qui manquait, mais seuls les développements technologiques du web et sa démocratisation en ont fait une entreprise viable. Pensée pour une stratégie multi-supports, cette webTV combine un magazine hebdomadaire de 16 cases programmes ( universcience.tv) et un service de vidéos à la demande (universcience-vod.fr). Le contenu des quatre dernières semaines est disponible sur universcience.tv, avant d'être déplacé vers universcience-vod.fr. Sur ce dernier site, la plupart des vidéos sont gratuites (90 %), seulescertaines vidéos non produites par universcience.tv pouvant être consultées dans leur version intégrale sur un site de VoD payante.

L'originalité de ce média tient également à sa réflexion sur les communautés qui peuvent se tisser autour. Structurant un public de type "lecteurs de Science et vie" autour d'un rendez-vous hebdomadaire (le magazine paraît tous les jeudis à minuit accompagné de sa lettre d'information), il participe aussi à l'écosystème Facebook, Twitter… et possède son forum et son blog – en attendant de pousser plus loin le rapprochement vers les autres blogs ou sites web de culture scientifique et technique. Un des aspects importants pour structurer voire servir la communauté consistait à rendre possible « l'encapsulage » des vidéos sur n'importe quel site web (façon YouTube), depuis universcience.tv ou Dailymotion. La moitié environ des vidéos sont même téléchargeables, afin de rendre service aux enseignants par exemple.

Benjamin Benita est revenu à plusieurs reprises sur l'importance accordée à l'interface de consultation. universcience-vod.fr propose actuellement une option de recherche et une navigation par tags et ses équipes travaillent sur une application iPhone ainsi qu'une présence dans le bouquet SFR Box. Mais il reste encore beaucoup à faire pour sortir du "catalogue" de vidéos et s'inspirer des interfaces cartographiques, visuelles ou façon mashup de données qui fleurissent actuellement. Une API permettrait aussi de retrouver le contenu d'universcience.tv à partir d'autres interfaces de recherche.

La fin de notre rencontre a été l'occasion de discuter des notions "d'espace social vidéo" et de "contextes d'apprentissage", sans nous laisser le temps de les approfondir, malheureusement. Si universcience.tv autorise déjà les commentaires des internautes, il reste encore beaucoup à faire pour que des internautes présents au même moment sur le site ou visionnant la même vidéo puissent interagir. Pourquoi ne pas réfléchir également à des vidéos qui soient plus interactives ? La vague des webdocumentaires montre que de nouvelles formes sont possibles et restent à inventer !

lundi 17 mai 2010

Prochaine réunion web2CST

La prochaine réunion Web2CST aura lieu mercredi 19 mai à 9h (démarrage à 9h30). Nous aurons l'honneur d'accueillir François Taddéi, qui nous parlera du projet WiserU (site - Twitter) qui mêle éducation et recherche à l'ère du numérique, du web 2.0 et de la mondialisation !

dimanche 11 avril 2010

Nouveaux rapports des chercheurs aux publics

Tel est le titre de l'atelier que j'animerai le 28 avril à l'Institut national d'histoire de l'art, pour le colloque international « Le numérique éditorial et sa gouvernance : entre savoirs et pouvoirs ». L'argumentaire de cette table-ronde est le suivant :

Arrêtons-nous un instant sur les nouvelles injonctions faites aux chercheurs dans un "monde 2.0" et prenons les au sérieux : publier dans des revues en accès libre et des archives institutionnelles, commenter publiquement les articles des pairs, mettre en ligne ses données brutes, tenir un blog et engager la conversation avec les internautes, twitter en direct d'un congrès, contribuer à Wikipédia…

Dans ce grand chambardement, la "science chaude" côtoie la "science froide" (Bruno Latour), le temps de la publication est accéléré, la communication scientifique et la communication médiatique se brouillent. On demande au chercheur d'être présent simultanément sur toujours plus de fronts, de parler haut et fort et de faire de son travail un spectacle. Est-il prêt à une telle mise en scène ?

Le public se trouve exposé à de nouvelles étapes des processus de recherche : données brutes, controverses expertes, attaques personnelles et querelles de chapelles. Il doit intégrer à sa culture (scientifique) de nouvelles formes de jugement de la vérité, doit pondérer autorité et popularité, et établit directement un rapport de confiance (ou de défiance) avec les membres de la communauté scientifique. Saura-t-il en tirer le meilleur parti ? Risque-t-on une relativisation des savoirs ?

Les tutelles voient leur autorité questionnée et doivent acter le pouvoir accru d'acteurs multiples et d'une communication plus libre. Elles peuvent soit chercher à reprendre la main soit encourager cette dynamique de la base en l'inscrivant dans l'activité du chercheur pour en faire un critère de l'évaluation des laboratoires. Où peut mener cette nouvelle configuration des rapports de force ?

Cette anticipation, si elle n'est pas d'effet immédiat, illustre ce qui est en jeu. En changeant l'organisation du travail de recherche, c'est plus profondément à la science que l'on touche et aux normes publiques de vérité qu'elle s'est fixée, de la même façon que Wikipédia change notre rapport au savoir. Cette table-ronde se penchera sur toutes les sciences, en envisageant l'ensemble des transformations induites par l'environnement numérique et les nouveaux outils du web 2.0.

mardi 6 avril 2010

Colloque international "Le numérique éditorial et sa gouvernance : entre savoirs et pouvoirs"

Le groupe Traces est partenaire du colloque international "Le numérique éditorial et sa gouvernance : entre savoirs et pouvoirs" qui se déroulera à l'Institut national d'histoire de l'art (Paris) du 28 au 30 avril. Nous sommes heureux d'avoir contribué à mettre sur pied ces journées qui devraient être riches de présentations et d'échanges, autour de l'édition numérique, de la démocratie scientifique, des réseaux de savoirs, de la formation en ligne…

Colloque INHA

J'attire en particulier votre attention sur l'atelier "Nouveaux rapports des chercheurs aux publics" que j'animerai le jeudi 29 de 11h à 13h. Je recevrai Ghislaine Chartron (CNAM, INTD), Bastien Guerry (Wikimédia France), Olivier le Deuff (Université Lyon 3 et Prefics), Alexandre Moatti (Conseil scientifique du TGE-Adonis) et Joëlle Zask (Université de Provence) pour tenter de comprendre comment les réseaux sociaux, la publication en ligne, les plateformes de partage et les blogs — bref, le web 2.0 — transforment l'accès du grand public à l'information scientifique, l'organisation de la communauté des chercheurs et son rapport aux tutelles.

vendredi 2 avril 2010

L'expérience des wiki et forums de science de Clovis Darrigan

Clovis Darrigan, fondateur de l'association Anima-Science et auteur du site Science amusante, était avec nous la semaine dernière pour présenter son travail. Nous avons beaucoup appris sur la gestion d'un projet web et le potentiel des communautés web en culture scientifique et technique (CST).

Clovis a codé sa première page web sur la chimie amusante en 1997, à la main, sur son compte personnel de l'Université de Pau. Dans un paysage encore épars, ce site est vite remarqué et le CNRS contacte Clovis pour lui demander de mettre l'accent sur les consignes de sécurité ! Il crée ensuite un site de physique amusante. Parallèlement, comme il reçoit de plus en plus de sollicitations par courriel, il décide de mettre en place un forum de discussion en décembre 2004 afin que les questions-réponses soient plus collégiales. Les deux sites et le forum fusionneront en 2007 après avoir reçu plus de 260 000 visiteurs, et le site est désormais accessible sous un nom de domaine bien identifié : scienceamusante.net.

En 2007, s’opère aussi la refonte totale ses pages grâce à Mediawiki (le moteur de wiki utilisé par Wikipedia) afin de faciliter sa gestion : Clovis l'utilise en effet comme un système de gestion de contenus (CMS), mais aussi comme solution d'écriture collaborative sur les pages en travaux, en attendant d'en faire des versions stabilisées et validées qui seront verrouillées en écriture.

Les forums de scienceamusante permettent de discuter des articles du wiki (plutôt que sur les pages de discussion ad hoc) mais surtout de poser des questions et de converser autour de sujets scientifiques. Avec 5 administrateurs et plus de 1 000 utilisateurs enregistrés, c'est une communauté qui fonctionne. Chaque message reçoit 2 à 4 réponses en général, et nous avons pu explorer le fil le plus long qui a généré plus de 60 messages sur la question des particules virtuelles entre le 7 janvier 2006 et le 29 mai !

À noter que sur son site, Clovis propose un outil pour fabriquer ses étiquettes de sécurité : c'est une fonctionnalité utilisée par des collèges, lycées, laborantins et même des industriels ! Non content de lui avoir permis d'apprendre le PHP, cet outil pratique permet aussi d'attirer de nombreux visiteurs sur le site pour les attirer ensuite sur d'autres contenus.

Aujourd'hui, scienceamusante.net c'est donc un wiki avec des ressources et des expériences amusantes, un forum, un outil de création d'étiquettes… donc il est très probable que les visiteurs en ont chacun une vision partielle et différente. D'autant plus, comme l'a montré l'étude Yosciweb, que les jeunes naviguent aujourd'hui sur internet en partant de Google et atterrissent sur des pages plutôt que des sites.

Interrogé sur ses plans pour le futur, Clovis affirme vouloir garder un site qui reste à taille humaine, conserver une vision et un contrôle de l’ensemble et donc ne souhaite pas en arriver à un mode de fonctionnement aussi complexe que celui de Wikipedia, ni de version multilingue. Il lui paraît aussi important de proposer un site gratuit et sans le moindre bandeau publicitaire.

vendredi 19 mars 2010

Une nouvelle étude sur les blogs de science

Inna Kouper a publié dans Journal of Science Communication un article sur les blogs de science : "Science blogs and public engagement with science: practices, challenges, and opportunities". Inna est étudiante en Master de Sciences de l'information et de la communication et les critiques qui ont plu sur son article, de la part de blogueurs, font surtout écho à son manque d'expérience et à la faiblesse méthodologique de son étude : alors qu'elle prétend qu'il est nécessaire d'analyser les pratiques actuelles des blogs de science, qu'à ce jour, aucune tentative n'a été faite dans ce sens et que son travail est un premier pas dans cette direction, elle prend un échantillon de 11 blogs choisis de façon non représentative (après une recherche sur Google) et analyse seulement les 15 premiers commentaires des billets ! Ainsi, Bora Zivkovic, qui a eu le manuscrit entre les mains comme rapporteur, est en colère de voir que ses commentaires n'ont pas été pris en compte !

Je suis pour ma part plus étonné de cette affirmation selon laquelle les blogs de science n'ont jamais été étudiés. Ma bibliographie sur le sujet regorge de références intéressantes, notamment :

Un effet collatéral de cette publication controversée est que les blogueurs de science s'intéressent enfin aux études qui sont faites "sur eux". Ainsi, Isis notait :

Je ne vais pas prendre cet article au sérieux. Néanmoins, je vais mettre au défi les chercheurs de réfléchir de façon un peu plus critique quand ils étudient la blogosphère. En tant que scientifiques, nous avons accès à une riche trousse à outils et une multitude d'indicateurs qui pourraient être utilisés pour évaluer l'impact de la blogosphère, sans avoir à se fier aux élucubrations mal organisées et à peine finies d'Inna Kouper, qui se posent comme la première "analyse scientifique".

Pour la petite histoire, j'avais proposé pour la conférence Science Online London en 2009 une session sur l'étude des blogs de science, qui me semblait un préalable nécessaire à tout discours de "marketeux" sur les blogs de science. Malheureusement, l'idée n'avait pas été reprise. Les choses sont peut-être en train de changer, tant mieux !

Enfin, j'ai un chapitre en anglais à paraître courant 2010 dans un ouvrage collectif, consacré aux blogs de science. C'est plus un article d'opinion qu'une étude systématique mais j'espère qu'il suscitera autant de commentaires (positifs ou négatifs) dans la blogosphère !

jeudi 11 mars 2010

Twitter et blogs dans la communication des sciences

La liste de diffusion PSCI-COM héberge en ce moment une discussion passionnante sur l'engagement du public sur des sujets scienitfiques (public engagement with science ou PES) et les possibilités offertes par le web 2.0. Discussion d'autant plus inattendue qu'elle a démarré à partir d'une question tout à fait anodine portant sur le PES…

Dans cette discussion, Alice Bell (blog / @alicebell) a mentionné un article de Brian Clegg (blog / @brianclegg) sur l'utilisation de Twitter et des réseaux sociaux. C'est publié sur PhysicsWorld et je ne peux que vous encourager à le lire !

mercredi 10 mars 2010

Journée d'étude de la BNF "Web participatif et institutions culturelles"

La BNF organise le 18 mars prochain une journée d’étude consacrée aux liens entre web participatif et institutions culturelles. Cette journée est placée sous la direction scientifique de Bernadette Dufrene (Université Paris Ouest), Madjid Ihadjadene, (Université Paris VIII) et Denis Bruckmann (BnF). Le programme propose notamment une table-ronde consacrée aux "Nouveaux dispositifs et nouveaux statuts de l’information" :

Blogs, wikis, Facebook et autres réseaux sociaux, archives ouvertes, le numérique et l’outil collaboratif et participatif qu’est le web 2.0 ont permis la multiplication des sources d’information : quel sens donner à cette multiplicité ? L’information accessible en open source représente-t-elle désormais le mode le plus usuel d’accès au savoir ? Quelle structuration de l’accès pour quels savoirs ?

Puis on retrouvera Sophie Pène (ENSCI) et Marin Dacos (Cléo) dans une table-ronde sur la concurrence ou les nouveaux rapports entre amateurs et professionnels/experts.

Enfin, Universcience (l'invité de notre séance d'avril) sera représenté par Sébastien Lucas dans la table-ronde "Institutions culturelles et nouvelles politiques de médiation" :

Les blogs institutionnels, l’inscription d’une institution sur les réseaux sociaux sont de nouvelles formes de médiation adoptées par de nombreuses institutions ; peut-on tirer de ce mouvement un premier bilan ? A quelles conditions et de quels points de vue (initiation, éducation, marketing, image) ces médiations sont-elles efficientes ?

mardi 23 février 2010

Prochains rendez-vous web2CST

La prochaine réunion Web2CST aura lieu le vendredi 26 mars à 14h (démarrage à 14h30), avec le programme suivant :

1. Actu CST web (15')

2. Actu projets : quoi de neuf sur le C@fé des sciences, Knowtex, Wiser-U ? (15')

3. Dossier scienceamusante.net (forum et wiki consacrés à la découverte de la chimie et la physique par une approche amusante et visuelle) : (1 h 30)

  • 30' de présentation par Clovis
  • 1 h de brainstorming collectif

Par ailleurs, je vous rappelle que l'association Science ouverte organise le 12 mars une soirée-débat consacrée au web 2.0, avec une intervention de ma part mais aussi du vice-président de Wikimédia France — lequel abordera des questions qui sont au cœur des préoccupations de Web2CST (informations pratiques)

lundi 22 février 2010

Le programme Yosciweb rend ses conclusions

Depuis deux ans, le programme européen Yosciweb s'intéresse à la manière dont les sites internet de vulgarisation scientifique représentent la science et les scientifiques auprès des jeunes. Pour cela, sept organismes (universités, associations de science et sites internet scientifiques) de sept pays (Bulgarie, Espagne, Estonie, France, Islande, Pays-Bas et le Royaume-Uni) ont disséqué l'offre web vers les plus jeunes et organisé des groupes de discussion avec des participants âgés de 12 à18 ans afin de faire ressortir des "bonnes pratiques". En France, le projet était porté par le Conseil général de l'Essonne, au titre de la Banque des savoirs (site / Twitter / Facebook).

Yosciweb, donc, organise une journée de restitution de ses résultats le 10 mars prochain à Évry. J'espère que ceux-ci seront ensuite largement diffusés !

//MàJ 2 mars// Dans le communiqué de presse, quelques paradoxes soulevés par l'étude sont présentés sous forme de questions. Elles sont intéressantes à se poser :

  • Pourquoi les sites Internet présentent-ils une science désincarnée avec pas ou peu de place pour les scientifiques, qu’il s’agisse de les représenter au travail ou de leur donner la parole ?
  • Lorsqu’ils font place aux scientifiques, pourquoi les sites Internet oscillent la plupart du temps entre deux poncifs : soit le scientifique est un homme âgé en blouse blanche, soit une femme jeune, belle et dynamique ?
  • Pourquoi les jeunes survalorisent-ils dans leur usage quotidien les sites Internet présentant des vidéos, des animations, des images, de la couleur,... sans craindre d’affirmer que Wikipedia, site plus que minimaliste en terme de graphisme, d’ergonomie et de recours aux médias, comme leur site préféré en matière de science ?
  • Pourquoi la science est-elle un concept si flou pour les jeunes, qui la rattachent presque exclusivement aux matières scolaires ?

samedi 20 février 2010

Retour sur le congrès ScienceOnline 2010

Lors de notre dernière réunion, nous sommes revenus sur le congrès américain ScienceOnline 2010 consacré à la science sur le web. S'agit-il ou non d'une "non-conférence" (unconference en anglais, souvent assimilée au bar camp en français) ? Son co-fondateur et co-organisateur Bora Zivkovic répond entre oui (pour le contenu des sessions) et non (pour le mode d'organisation), ce qui nous a permis de discuter de ce qu'est une "non-conférence".

En tous cas, le site/wiki du congrès reste exemplaire dans sa densité et l'abondance de liens vers les témoignages et compte-rendu des participants, lesquels pullulent en ligne. Où l'on constate que sur une quarantaine de sessions, environ 10 abordaient la question du journalisme scientifique à l'heure du web. Ce sujet numéro tient notamment au contexte américain où, plus qu'en France, le statut du journalisme scientifique dans les rédactions tout comme l'état des médias se fragilisent. Clairement, il ressortait que c'est aux scientifiques de prendre la parole pour remplacer ces plumes qui se raréfient, et notamment par leur blog.

Les autres thèmes abordés par la conférence sont, en vrac :

  • comment monétiser son blog pour en tirer des revenus (en français, l'exemple du blog de Paul Jorion a été discuté — cf. sa politique de dons)
  • importance de la politesse dans les échanges en ligne
  • la science sur les blogs est-elle fiable ? L'exemple du climat a été longuement abordé et lors du congrès, il est ressorti que les sociétés savantes pourraient tenir ce rôle de recommandation et pointage facilitant la navigation dans les ressources en ligne
  • entreposage et préservation des données numériques
  • gouvernement 2.0. : alors que cette question semble déconnectée des problématiques scientifiques, il s'avère que le questionnaire en ligne de Barack Obama sur l'orientation de sa politique fut peu rempli par les scientifiques !
  • la science citoyenne à l'heure des bases de données : la mise en ligne de données de plus en plus nombreuses et complexes ouvre les portes à leur appropriation par les citoyens. Certains cursus étudiants en profitent même pour rendre l'enseignement plus proche de la recherche, et bénéficier en retour à celle-ci !

mardi 26 janvier 2010

Un compte-rendu audio du congrès Science Online

En prévision de la prochaine réunion du groupe de travail, je vous recommande l'émission québecoise "Je vote pour la science" dont le dernier épisode diffusé aujourd'hui revient sur le récent congrès ScienceOnline 2010. Plusieurs sujets sont évoqués, du gouvernement 2.0 à la science citoyenne en passant par l'entreposage numérique, le journalisme scientifique et l'éducation !

À écouter en ligne (MP3).

lundi 25 janvier 2010

Les blogs de sciences à l'AMCSTI

L'AMCSTI (Association des musées et centres pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle) vient de publier les Actes de son 27e Congrès national (juin 2009), qui avait pour titre : "Sciences, innovation et société : quelles réponses apporter ?"

Vous y trouverez le texte de mon intervention (p. 46), laquelle s'est tenue dans le cadre de l'Atelier D "Autres modes de mise en débat". J'y reviens sur les blogs de science, que je tente de présenter comme un nouvel acteur des relations science-sociéte :

Depuis quelques années, l’univers des blogs offre un territoire nouveau pour discuter de science. Dans l’espace «neutre» d’Internet, qui n’appartient ni à l’institution officielle de la recherche et culture scientifiques ni au politique ou aux porteurs d’enjeu, les amateurs de science de tous horizons peuvent s’informer, participer à des discussions et engager le débat sur des sujets scientifiques ou techniques. Ils cheminent à leur rythme sur des enjeux complexes et se réapproprient des questions longtemps tenues hors de leur portée.

Sophie Pène, dans son intervention au cours du même atelier, enfonçait le clou du tournant participatif de la démocratie sur le web en s'intéressant au versant de la production, à travers le changement des styles de communication propres aux chercheurs. Extrait :

Les institutions ne peuvent rester en dehors de ces brassées de liens et d’idées que chacun adresse à qui veut. Chacun est invité, mais peu le savent. C’est un chantier pour la communication scientifique et technique, dont dépend la capacité collective à entendre les alertes, à adapter des comportements, à participer aux décisions que la conversation entre sciences et territoire dessine.

À lire !

vendredi 22 janvier 2010

Prochaine réunion : Universcience sur le web

Notre prochaine réunion se tiendra le 10 février (9h30-11h30) pour discuter du lancement sur le web de Universcience (la nouvelle entité issue du regroupement du Palais de la découverte et de la Cité des Sciences et de l'Industrie) avec un invité qui partagera son expérience de première main.

L'ordre du jour sera le suivant :

1. Revue d'actualités :

2. Suivi des projets :

3. Dossier : Universcience sur le web

L'après-midi (13h30-15h30), nous enchaînerons sur un atelier consacré à l'identité numérique (résultante de nos activités sur les médias sociaux).

jeudi 21 janvier 2010

Réunion de démarrage

Voici en un billet l'essentiel de notre réunion de démarrage (02/12/2009), qui est partie des objectifs exposés sur cette page pour les discuter, réfléchir aux personnes qu'il semblerait utile de rencontrer ainsi qu'aux outils de travail à développer.

La nécessité de créer un groupe de réflexion et d'action « culture scientifique et technique sur le web » a émergé du constat suivant : il n'y a pas (encore) de médiateurs scientifiques sur le web. La médiation en ligne est donc à construire mais aussi à penser, comme l'a montré l'absence de réflexion sur l'animation de communautés spécifiquement scientifiques lors de la conférence « Science Online London ».

Alors que la communauté scientifique fait passer l'attention portée aux savoirs du registre de l'épistémologie à celui de la sociologie, le web semble aller plus loin en faisant ressortir l'aspect psychologique. Là, ce que la personne porte avec elle semble presque plus important que le groupe auquel elle appartient ou ce que la communauté lui attribue comme qualités. C'est ainsi que la « cartographie des controverses » aide à déterminer ce que dit l'auteur d'un texte sur un autre sujet et de mettre ainsi en valeur les présupposés sur lesquels s'appuient ses discours. Chacun peut alors choisir non seulement quelle information il souhaite obtenir, mais aussi qui va la lui donner.

Dans ces conditions (et d'autres qui ont été mentionnées et que je ne reprends pas ici), quel serait alors le rôle d'un médiateur scientifique sur le web ? Il pourrait être capable de souligner pour les amateurs ce qui est implicite dans un discours et de rapprocher des personnes et groupes qui ne communiquent pas (ou difficilement) entre eux.

En termes organisationnels, il est prévu que le groupe « web2cst » se réunisse une fois par mois à partir de février 2010.

En complément de ces réunions, pourront être organisés des ateliers pratiques. Thème du premier : l’identité numérique. Objectif : permettre aux membres du groupe d'être tous reliés et donc mieux visibles et identifiables, ainsi que de comprendre l’utilisation et l’intérêt des différents outils permettant de créer des réseaux sociaux.

À partir de la rentrée de septembre 2010, ces réunions pourront prendre la forme d'un séminaire plus académique faisant se rencontrer à chaque séance deux personnes : une « qui fait » et une « qui pense ». Une publication collective pourrait être imaginée à partir de ce système. À suivre !